lundi 8 juin 2026

LYHANNA



 POURQUOI J’IRAI ME JOINDRE AU RASSEMBLEMENT POUR LYHANNA, CE SOIR DEVANT LE TRIBUNAL DE MONTAUBAN

 Une fillette de onze ans a été assassinée par un prédateur. À l’heure actuelle, nous ignorons toujours par qui, pourquoi et comment elle a été assassinée, mais ce dont on est certain, c’est qu’elle n’est pas morte en jouant dans un silo à grains. 

Un rassemblement à la mémoire de Lyhanna s’est rapidement organisé pour ce soir 19 heures devant les palais de justice de France. 

Je me suis donc posé la question d’y aller ou pas, par crainte d’une récupération des partis extrêmes auxquels je n’appartiens pas, alors que ce rassemblement proposé à l’initiative d’Andrea Bescond n’est pas une manifestation politique. Mais voilà, depuis quelque temps, puisque j’ai compris la difficulté de dénoncer à la fois Gaza et le 7 octobre au risque d’être récupérée ou balancée. 

Cette fois, j’entends que la justice est indépendante et qu’il n’est pas judicieux d’aller se rassembler devant un palais de justice. La préfecture ne serait-elle pas plus adaptée à accueillir un rassemblement qui demande que l’état fasse son devoir et fournisse des moyens aux magistrats ? 

Ces arguments sont réels et pourtant, je voudrais rappeler que les procureurs sont nommés par décret du président de la République et que, par conséquent, leur indépendance est toute relative. 

Si ce soir, je vais aller me joindre au rassemblement, c’est avant tout pour soutenir les parents de toutes les victimes ainsi que les victimes.  

Mais c’est aussi parce qu’il y a cinq ans, nous avons porté plainte dans le cadre des trafics d’enfants dans les adoptions internationales auprès du parquet de Paris, pour « Escroquerie, recel d’escroquerie, abus de confiance en bande organisée, association de malfaiteurs et trafic d’êtres humains ». Quelques semaines plus tard, c’est-à-dire dans une célérité surprenante, notre plainte est rejetée par le parquet : en d’autres termes, la plainte est arrivée sur le bureau du procureur, qui l’a immédiatement classée sans suite au motif qu’il y avait prescription et que les faits qualifiés de recel d’escroquerie et d’abus de confiance en bande organisée n’étaient pas suffisamment caractérisés. 

En 2022, nos avocats déposaient une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. 

En 2024, notre plainte était déclarée irrecevable. La juge d’instruction avait, entre autres, estimé qu’il y avait prescription, puisque les faits dénoncés dataient de 1985 et que, selon elle,  dès 1987, Véronique Piaser était informée des trafics. 

J’avais été dévastée par ce verdict qui me rendait coupable alors que nous n’avions découvert les trafics qu’en octobre 2018. Notre plainte avait été ainsi classée alors que nous n’avons jamais été auditionnés par la justice dans le cadre d’une plainte pour trafic d’êtres humains.
Ce soir, je serai devant le palais de justice de Montauban.  

Pour Lhyanna, 

Pour les enfants que la France ne protège pas, 

Pour les femmes violentées, violées et assassinées, 

Pour tous les enfants du monde, victimes de trafic auxquels aucune justice n’a été rendue.