vendredi 24 avril 2026

Décevante




« Vous avez des cheveux superbes ! Vous faites comment ?  

— Je mets des rajouts. » Je n’imaginais pas répondre par un mensonge, je ne sais pas mentir. 

Elle m’a balancé dédaigneusement. 

« Vous êtes décevante… » 

Je l’ai regardée, effarée. 

« Vous me faites de la peine. » 

C’est sorti comme ça, spontanément, parce qu’elle m’avait vraiment fait de la peine. Je ne l’ai pas quittée des yeux, c’est elle qui a tourné la tête et est retournée s’assoir devant sa pile de livres. 

C’était dimanche dernier lors du Salon du livre.  

J’aurais pu ne rien lui dire, lui faire croire que j’avais naturellement ces cheveux qu’elle trouvait superbes, mais je trouve stupide de mentir. Quand je mets du rouge sur mes lèvres, personne n’imagine que c’est la couleur naturelle de mes lèvres, quand je maquille mes yeux, personne n’imagine que je suis née avec des paupières et des cils fardés. Comment être décevante parce qu’on a modifié sa coiffure et qu’on a joué avec ses cheveux pour avoir une allure ? 

J’ai été décevante toute mon enfance, ma mère me l’a dit. Je n’aurais jamais cru qu’une inconnue pouvait se charger de me le rappeler à propos de mon apparence. Mais cette fois, j’ai pu rétorquer qu’elle me faisait de la peine. 

Pourtant, on aurait pu imaginer que ma réponse allait l’intéresser, allait attiser encore plus sa curiosité. Entre femmes, on est toujours à l’affut de ce que l’autre a déniché, que ce soit une astuce de fringues, de maquillage ou de coiffure. Dans mon imaginaire qui est souvent éloigné de la réalité, je l’entendais me répondre : « Ah bon ! C’est hyper réussi ! » Et elle m’aurait demandé comment je les fixais, si ça tenait bien, si ça coutait cher, où ça s’achetait. Toutes ces questions qui viennent spontanément à l’esprit, me semble-t-il, lorsqu’on a exprimé son admiration. Moi, à sa place, j’aurais été curieuse et ça m’aurait fait envie, je me serais dit : « Ça fait vraiment illusion puisque je me suis fait prendre, pourquoi pas moi ? » 

J’aurais bien aimé rencontrer quelqu’un comme moi, pour la questionner sur ces multitudes de postiches et de techniques de rajouts que beaucoup d’artistes utilisent, mais sur lesquelles je manquais d’informations directes. Depuis l’automne, mes cheveux sont comme mon moral : raplapla. Il y a des jours où je m’en fous et il y a des jours où j’ai encore envie de jouer à la bimbo. 

Si j’avais eu la chance de croiser une femme qui me réponde : « Si vous trouvez mes cheveux superbes, c’est parce que j’ai utilisé des rajouts », nous aurions pu en discuter et cela m’aurait évité de faire tous les coiffeurs du coin, de passer des heures sur internet à chercher la bonne couleur. Je peux vous dire que c’est très difficile de trouver des cheveux blancs. 

Les bimbos, elles sont blond-platine, pas blanches. 

Et puis elles ont des seins. 

Dimanche dernier, j’ai appelé Simon en pleurant. 

Il m’a dit : « Véro, en quoi peux-tu décevoir quelqu’un que tu ne connais pas ? Tu fais ce que tu veux de tes cheveux. »


 

Dans la tourmente des infirmières

 



LA PREMIÈRE avait des prothèses ongulaires, le mot savant pour dire de faux ongles de deux centimètres de longueur. Quand je l’ai vu enfiler ses gants, je me suis dit, elle va les percer, mais, malgré le handicap de ses serres multicolores, elle était à l’aise pour faire les soins. 


LA DEUXIÈME qui est arrivée quelques jours plus tard, puisqu’elles vont toujours par paire, n’a pu dissimuler son appréhension. Elle n’avait pas du tout envie de me soigner et encore moins de regarder mon buste. Elle est repartie après avoir soupiré que ça prenait du temps. Dans la soirée, elle avait dû réfléchir, elle m’a envoyé un message dans lequel elle me demandait d’anticiper son passage en enlevant moi-même mes pansements, d’appliquer l’anesthésiant, de m’allonger sur le lit et de l’attendre. Je lui ai répondu que je ne le ferai pas et que j’allais trouver un autre cabinet infirmier. Elle m’a répondu : « Parfait ! » C’est tout. 


LES TROIS SUIVANTS étaient des nordistes. Ce sont ceux qui ont pris le relai durant mon séjour professionnel (je précise, car il y a eu des gens pour penser que nous partions en week-end amoureux.) Une infirmière qui est venue deux fois dans la chambre de l’hôtel de Lille. Elle était très sale, avait un panaris à l’index, mais elle était très gentille et apaisante et elle prenait son temps. Les deux autres étaient des infirmiers très compétents, leur main était ferme et assurée et ils m’ont rassurée. 


LA SIXIÈME du nouveau cabinet que nous avions dû trouver, puisque nous étions de retour à Montauban, m’a détestée dès qu’elle a passé la porte. Elle balançait le matériel sur le lit dans des mouvements de colère et arrachait mes pansements comme des bandes de cire à épiler avec bien moins de prévenance qu’une esthéticienne. Je l’ai supportée plusieurs jours. 


LA SEPTIÈME, celle qui faisait la paire, est venue une première fois, enjouée et de bonne humeur, pour revenir le lendemain dans les mêmes dispositions désagréables que sa collègue, la sixième. J’ai supposé qu’elles avaient dû discuter et décider d’être désagréables à deux. Quand je lui ai demandé les raisons de leur mauvaise humeur, elle m’a dit qu’il serait préférable que je me fasse suivre par un autre cabinet infirmier et elle m’a demandé ma carte vitale pour clore la prise en charge. Dans un sursaut d’humanité, après m’avoir fait les soins à la vite fait bien fait, elle m’a dit que, pour les soins du lendemain, elle m’envoyait un remplaçant. 


LE HUITIÈME, c’est le remplaçant, mon espoir d’avoir un soin correct. Quand il est entré dans l’appartement, j’ai cru que c’était un artisan qui s’était trompé d’adresse. Il avait les mains dans les poches et me regardait goguenard. J’ai filé m’allonger sur le lit comme une enfant docile. Il ne s’est pas lavé les mains, n’a pas mis de gel désinfectant, n’a pas enfilé de gants. Il est venu sur moi avec ses mains qui avaient trainé dans ses poches. Il a arraché les pansements, a fait semblant de me soigner, et a replacé les pansements comme un incapable maladroit en les chiffonnant et collant des bords l’un contre l’autre. Lorsqu’il s’est redressé, il m’a dit doctoral : « Vous êtes tout infectée. » Je l’ai fait répéter et il a répété : « Vous êtes complètement infectée. » J’ai passé la nuit à me demander s’il était vraiment infirmier et dans la terreur de faire un choc septique. Le rendez-vous hebdomadaire avec le chirurgien était programmé au lendemain. Je n’avais aucune infection. 


LA NEUVIÈME, c’est celle qui me promet au téléphone de ne jamais me mettre entre les mains d’une autre. Elle me rassure, me dit que les femmes qui ont ce que j’ai, elle s’y consacre entièrement. Je commence à être au bout de mes ressources et je suis assez sotte pour la croire. C’est humain. C’est celle qui sera la plus drôle sur l’échelle de l’absurde. Sa seule préoccupation, c’est sa voiture. Elle s’intéresse à peine à mon torse labouré, elle nous parle de sa voiture. Je vais donc vous en parler. C’est une voiture chinoise, une BYD. Je ne connais pas cette marque, je me fous des voitures et je ne les reconnais pas. C’est donc une BYD électrique et son unique souci est de la garer, car elle est énorme. Nous habitons au centre-ville et elle nous explique en long et en large que sa voiture est justement très longue et très large et que, si elle la gare devant notre garage, comme nous le proposons toujours, elle va être rayée ou pire, que le rétroviseur va se faire embarquer. Peut-être même que l’acte sera volontaire. Elle est très inquiète, car c’est une voiture en location-vente. Jno, lui dit que l’assurance fonctionne à l’identique avec un leasing et, dans un acte ultime d’humanisme, lui propose de mettre sa voiture au parking payant qui est en bas de notre rue et de le lui rembourser. Il précise qu’elle devra lui présenter les tickets. Elle accepte. 

Mais le temps de me coller le pansement, elle a dû réfléchir et finalement renonce au parking et nous propose de venir plus tôt. Selon elle, il sera plus facile de se garer. Je lui fais préciser le « plus tôt » et elle nous dit : « 6 h 30 ». Je demande stupidement : « Du matin ? » Elle confirme. Le lendemain nous nous levons à 6 h 15 avec la sonnerie du réveil. Elle arrive pimpante et maquillée et m’annonce que sa collègue va prendre la suite pour les jours suivants. Je ne lui fais pas remarquer qu’elle manque à sa promesse, car elle est de nouveau obnubilée par les problèmes de parking et nous apprenons ainsi que sa collègue a une DS neuve et qu’elle ne voudra surement pas prendre le risque de la garer devant notre garage, les rayures, le rétroviseur, etc. On connaît le refrain. C’est aussi ce jour-là qu’elle nous annonce que sa collègue s’appelle Fatima, mais qu’on ne doit pas se fier à son prénom, Fatima a épousé un Français et elle n’aime pas les Arabes. Là, je ne suis plus restée impassible, je lui ai dit ce que je pensais et surtout qu’elle s’était trompée en cherchant un assentiment à son racisme décomplexé. Elle est repartie en me disant que si je pouvais trouver un autre cabinet infirmier, ce serait mieux. 


LA DIXIÈME, c’était donc Fatima. Celle qui a une DS neuve. Celle qui m’a fait les soins en manteau malgré mon invitation à le poser sur une chaise. Celle qui m’a fait les soins sans appliquer d’anesthésiant et qui, lorsque je sursautais sous la curette qui raclait mes plaies ouvertes, me disait : « Vous avez vraiment mal ou vous appréhendez ? Prenez sur vous ! » 

J’ai décidé que ces deux-là, ne reviendraient pas et iraient garer, pour l’une son fourgon chinois et pour l’autre, sa DS de luxe, chez d’autres patients. 


LE ONZIÈME, c’est un infirmier. Un grand, pas tout jeune. Je me suis rendu compte qu’il suffisait de le décrire par ces deux qualificatifs pour qu’immédiatement il soit identifié. Il semblerait qu’il soit connu à Montauban. Il est arrivé et a immédiatement hurlé en regardant l’ordonnance du chirurgien, m’a demandé de la faire refaire en modifiant le « Jusqu’à cicatrisation complète » par « un mois renouvelable trois fois », sinon la sécu allait refuser de le payer. Ça a fait rire Jno, qui est un ancien directeur de caisse de sécu. Ça fait vingt-six ans que je suis en ALD, je ne vois pas comment la sécu pourrait contester des soins infirmiers en lien avec ma pathologie. Mais on ne dit rien et je lui promets que je vais mettre un mail au chirurgien pour qu’il me renvoie une prescription rédigée selon ses désirs. Et je m’allonge sur le lit, le torse en chantier exposé à son regard. Il me demande ce qui m’est arrivé. Sérieux, comme disent les jeunes. Il me demande alors je lui dis du bout des lèvres. Et je termine en ajoutant : « Parce que ça pourrait être quoi d’autre ? » et imperturbable, il me réplique : « Un choc. »  Ben oui ! Les airbag Takata, ça doit être ça, son idée… Et ensuite tout s’est emballé pire qu’un airbag Takata puisqu’il a commencé à racler mes plaies sans anesthésie. Je lui fais remarquer timidement qu’il a oublié l’application de Xylocaïne et il me répond froidement qu’il n’en met pas. Que ce n’était pas dans le protocole de soins. S’ensuit un bras de fer inégal, moi allongée et lui debout. J’insiste et il devient menaçant, me dit que l’anesthésiant n’est pas nécessaire, il prétexte qu’il n’est pas habilité à le faire, que je vais m’y accoutumer avec tout un discours absurde où il met en avant ses trente-six années de pratique. Je tourne la tête et pleure. Il se met à gueuler en approchant son visage du mien : « Regardez-moi quand je vous parle ! Je veux qu’on me regarde dans les yeux quand je parle ! » Il gueule et je suis terrorisée. 

Le soir même je poste un message à mon chirurgien pour lui demander de modifier la formulation selon les souhaits de l’infirmier et je lui demande surtout de préciser sur sa nouvelle prescription que le soin doit toujours être précédé d’une application de Xylocaïne. Je croise les doigts pour que, d’une, le gentil chirurgien n’en ait pas marre de moi, et de deux, pour que la prescription arrive avant le passage de l’infirmier le lendemain. 

La chance est avec moi et j’ai reçu à temps la prescription du chirurgien que je tends à l’infirmier à son arrivée. Il s’en saisit, lève les yeux au ciel et hausse les épaules et me dit : « Je ne vous ferai pas d’application de Xylocaïne. » Plus la peine de discuter, je ne m’allonge même pas, je lui dis que, dans ces conditions, il ne me touchera pas. Jno lui dit qu’il peut repartir, le prend par le coude et le raccompagne à la porte. Sur le palier, il lance un « Bon courage ! » tonitruant qui n’a rien de bienveillant. Seul détail réconfortant, je ne lui ai pas donné ma carte vitale, il ne sera pas payé. 

Rien ne peut me calmer, même pas les glaces du « 15 » dont Jno me gave depuis des semaines pour faire passer mes larmes. Cette fois, rien n’y fera ni les glaces ni les mots de la psy, cette fois j’explose de rage, je deviens folle. Je passe une nuit sans espoir, une nuit dont je me souviens à peine. 


LA DOUZIÈME, c’est celle que m’a envoyée Souchon. « L’infirmière est un ange et ses yeux sont verts, comme elle lui sourit… » Je ne sais pas où j’ai trouvé la force de cet ultime effort, retourner sur l’écran de mon mac et faire une nouvelle recherche, composer le numéro et laisser un message comme un appel au secours. Elle m’a rappelée, m’a rassurée, et, le lendemain matin, elle était assise sur le bord de mon lit et m’a dit : « Expliquez-moi ce qui vous est arrivé. J’ai tout mon temps. » Elle savait bien que je ne m’étais pas pris un airbag Takata. C’était la première fois qu’un soignant s’asseyait sur le lit à côté de moi, la première fois qu’on me demandait si je dormais bien, si je n’avais pas mal. La première fois qu’on me disait que c’était normal d’avoir encore si mal et qu’il fallait que je prenne des antalgiques, que je ne pouvais pas supporter ces maltraitances. Elle a regardé la pile de pansements et des spécialités que ses collègues nous avaient fait acheter et elle a souri en disant qu’on avait du stock pour un moment. Elle a abandonné les protocoles imbéciles qui brulaient mes plaies et a repris les consignes strictes du chirurgien. Elle ne me touche pas avant d’avoir appliqué la Xylocaïne et n’aurait jamais eu l’idée de ne pas l’utiliser. Elle me parle de sa fille, elle me raconte ses études à Périgueux. C’est un ange. 


LA TREIZIÈME. C’était ce matin. C’est sa collègue, son binôme. C’est le deuxième ange. 

Cette fois, je sais que je vais guérir. 


mardi 14 avril 2026

LA LONGUE MALADIE

 



La longue maladie.
Je pensais que cette formulation ridicule était désuète et que son usage était révolu, mais il semblerait que non, puisque Bruno Salomone et Isabelle Mergault viennent de disparaître des suites d’une longue maladie. 

Vous êtes bien d’accord comme moi, qu’ils sont morts d’un cancer et que Camus avait raison de dire que « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » ? Et qu’à part être une longue maladie pour la sécu, c’est avant tout, une grosse maladie qui peut même faire la blague d’être courte.  


Quand Florent Pagny a fait le choix de parler du cancer qui le frappait et de s’exposer avec sincérité, je l’ai trouvé courageux, mais je n’imaginais pas à quel point il l’était. Il y a sûrement bon nombre de personnes pour penser qu’il l’a fait par opportunisme, que ça allait lui rapporter des ventes de disques, que ça allait faire parler de lui. Je suis persuadée que, pour certains, sa démarche était uniquement stratégique, puisque, à mon petit niveau, c’est ce qui s’est dit chaque fois que j’ai pris la parole pour dénoncer les adoptions internationales illégales et les trafics d’enfants. Si je le faisais, c’est parce que ça me rapportait des ventes de livres et que je me faisais du fric. Je me souviens de la personne qui avait eu l’indécence de me demander après mon passage à la matinale de France Inter avec Sonia Devillers, si ça avait fait grimper mes ventes. 


Aujourd’hui, alors que ce cancer est revenu dans mon sein de manière rocambolesque dans une sorte d’« un petit tour et puis je m’en vais jusqu’à la prochaine fois », je mesure le courage qu’il faut pour en parler en son nom. Presque autant que pour dire « Un homme m’a violée » ou pour dire « Je me suis retrouvée en psychiatrie ». 

J’ai failli écrire « avouer ». 

Je n’avoue rien, c’est l’autre, qui m’a violée, c’est l’autre, qui m’a envoyée en psychiatrie de la même manière que le cancer s’est installé sans invitation. 

Florent Pagny est courageux. On peut ne pas partager ses idées politiques, mais je m’en fous, car je ne le vois pas comme un extrémiste et je ne pense pas non plus qu’il ait jamais violé une femme. On ne peut jamais savoir, mais malgré tout, avec certains, on sait d’avance qu’on ne ferait pas confiance. Et j’ai toujours aimé sa voix, j’aime la musique et les belles voix. J’aime Arthur Teboul de la même manière. 

Je voudrais avoir le courage de Florent Pagny en venant vous donner de mes nouvelles. 

Je voudrais vous dire que je vais mieux, que pour l’instant, mon seul problème est de cicatriser. Surtout le côté gauche parce que c’est le côté qui a été très irradié et brulé, il y a vingt-six ans et que ça fragilise le processus de cicatrisation. 

La cicatrice droite est presque refermée, c’est la gauche qui est en difficulté. Mais je sais que je vais y arriver, parce que la gauche, elle finit toujours par renaître et s’en sortir. 

Je voudrais ne plus m’endormir comme le Dormeur du val, la main sur la poitrine. 

Je voudrais parvenir à me regarder sans mes seins et me reconnaître. 

Je voudrais remettre mes robes sans avoir l’air d’une femme-tronc dans un sac.

Je voudrais que ça ne revienne plus. 

Je voudrais que le bonheur revienne. 

Et il revient ce bonheur, il revient doucement par petites touches. 

Le bonheur, c’est le sourire du chirurgien, tous les dix jours, quand il m’encourage et me dit, je ne vous lâche pas. 

Le bonheur, c’est ce cadeau que j’ai reçu hier dans ma boite aux lettres. Un paquet qui contenait une paire de seins adorable. Deux petits seins tout doux tricotés par des femmes qui prennent soin de celles qui n’en ont plus. 

Le bonheur, c’est de m’imaginer dans quelques semaines. 


Ce sera l’été, il fera beau, je glisserai mes petits seins dans une brassière avant de me glisser dans une jolie robe, car : « La vie ne vaut rien, mais moi quand je tiens, tiens, mais moi quand je tiens, là dans mes deux mains éblouies, les deux jolis petits seins (…), là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie… »


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Le lien vers « Les petites mains » qui tricotent des petits seins qu’elles offrent à celles qui n’en ont plus : https://lespetitesmains53.org/

Il faut les remercier et les encourager, car tout ce qu’elles réalisent est envoyé gratuitement sans aucune contrepartie financière aux femmes qui en font la demande. 

Vous pouvez faire un don ici : https://www.helloasso.com/associations/les-petites-mains-53/