lundi 26 mars 2018

Lionel Duroy m'a téléphoné


Lionel Duroy Photo DR



Lionel Duroy m’a téléphoné.
Il m’a dit, vous allez démarrer en écrivant  « Lionel Duroy m’a téléphoné », et ensuite cela se passera bien, vous allez continuer à écrire. Vous devriez vous en sortir et retrouver le goût et le désir d’écrire.
Il me parle de « Priez pour nous », de sa famille, de Bernard Rapp. Et je me souviens de Bernard Rapp, cela me colle une émotion avec des images qui surgissent et une assiette anglaise.  Lionel m’emmène avec ses mots et me livre d’autres souvenirs plus intimes puis me dit : - Ça fait longtemps quand même … Et au détour d’une anecdote évoque une lumière d’octobre mais hésite en disant que c’était peut-être plutôt septembre et qu’il ne sait plus et que cela ne change rien dans le fond. Il évoque aussi le mont Ventoux, je sais qu’il habite juste au pied de cette montagne fascinante et je lui dis. Je le sens surpris de découvrir que je connais si précisément son village.
Il me reparle de la liberté et de l’importance des mots écrits.
Et c’est là qu’il a répondu à mon interrogation sur ma capacité à pouvoir de nouveau écrire, par cette affirmation : - Vous écrirez « Lionel Duroy m’a téléphoné » et ensuite vous verrez, ça ira.
Alors je vais lui faire confiance à Lionel, je vais le croire.

Et m’y voilà.
Et ensuite ?
« Ensuite-hier »,  je lui ai dit qu’il fallait que je le laisse car j’étais en plein décrochage d’expo.
Je sentais bien qu’on aurait pu discuter encore longtemps.
« Ensuite-aujourd’hui », les mains sur le clavier, c’est beaucoup plus difficile.
J’aurais envie de le rappeler pour lui demander de me donner une deuxième piste car je n’ai fait qu’une demi page avec sa première idée.
Je vais lui proposer le projet d’un concept qui pourrait être  : une phrase de Lionel Duroy pour une demi page de Véronique Piaser-Moyen… Non, l’idée est absurde, ce n’est pas possible, nous n’allons pas labourer les sillons de nos chagrins ensemble, lui l’écrivain aux milliers d’exemplaires vendus et moi petite blogueuse qui atteins à peine deux cents cinquante lecteurs par billet en vitesse de croisière (je ne vais pas non plus me sous-estimer totalement, j’ai quand-même des billets qui ont fait plus de 5000 vues …).
Je me sens maintenant coincée par mon affirmation et mon enthousiasme à lui avoir dit que  son idée de phrase de départ était bonne, je n’ai plus d’autre choix que de continuer car c’est quand même une chance incroyable d’être introduite sur son billet de blog par Lionel Duroy et je dois être à la hauteur de cette proposition tout à fait inattendue et hors cadre.
Plus j’y réfléchis d’ailleurs et plus je me demande si il n’a pas cherché à me coincer un peu en me disant « vous n’aurez qu’à démarrer par cette phrase, Lionel Duroy m’a téléphoné », il espérait quoi dans le fond ? C’est un peu me lancer un défi que de dire ça ! Lui, l’auteur qui sait l’admiration que j’ai pour lui me lâche : - Écrivez que je vous téléphone un dimanche en fin d’après-midi, juste pour vous parler et vous dire que je pense à vous, allez-y, ce sera la première phrase.
C’est Jésus qui dit au paralysé ; lève -toi et marche !

Alors voilà Lionel, je l’ai écrite cette première phrase. Et depuis la dernière fois que j’ai écrit que j’avais écrit cette première phrase, j’ai encore gagné un paragraphe. Vous voyez que je progresse et que j’ose de plus en plus. J’en suis à  603 mots. D’ailleurs j’y pense, vous ne m’avez fixé aucun seuil minimal pour la longueur de mon billet, alors je peux m’autoriser de ne pas faire trop long pour cette reprise de liberté. Et je viens d’écrire le mot « liberté », celui sur lequel vous avez beaucoup insisté au téléphone, il est venu tout seul ce mot,  j’ai eu du plaisir à l’écrire et en même temps j’ai ressenti mes doigts courir plus librement sur mon clavier, j’ai eu l’impression d’écrire dans les cases du mot compte triple au Scrabble.

Il avait raison Lionel Duroy,  il suffisait d’une phrase pour démarrer et j’ai continué et j’ai écrit un billet.
Pour mon prochain billet, je demanderai à Lionel Duroy une deuxième idée de première phrase pour retrouver la liberté d’écrire.
Je lui demanderai la deuxième première phrase de ma liberté.

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